22.12.2008
PROFIL RELIGIEUX DES EVANGELIQUES
Les évangéliques, c'est quoi ?
Mon premier terrain de spécialisation au CNRS, ce sont les Églises évangéliques. Je dis bien évangéliques, et pas évangélistes, terme impropre!! Je les étudie maintenant depuis une douzaine d’années, et il faut reconnaître qu’il y a beaucoup de travail à faire. Il s’agit en effet d’un phénomène religieux en pleine expansion : entre 400 et 500 millions de personnes sur les cinq continents (en comptant la mouvance pentecôtiste-charismatique). Cela fait du monde…. Entre sept et huit fois la population totale de la France. Mais de quoi s’agit-il ? Comme on me le demande très souvent, je me suis dit qu'il serait utile d'en parler dans ce blog.
Trois complications surgissent quand il s’agit de définir les évangéliques.
1ère complication : c’est un mouvement transconfessionnel, ce qui rend leur identification parfois délicate. «Évangélique» ne se rapporte à aucune Église particulière. On peut être presbytérien et évangélique, ou être presbytérien et ne pas être évangélique. Même chose pour le méthodisme, le baptisme, et de multiples courants protestants. Les évangéliques se retrouvent dans de nombreuses Églises, dénominations, mouvements, sectes. Ce qui compte pour eux ce n’est pas l’étiquette confessionnelle, c’est d’être converti et « engagé pour Jésus ».
2ème complication : c’est un mouvement d’une grande diversité interne. On trouve chez-eux la plupart des styles religieux, des plus figés aux plus exubérants. Deux grandes familles se distinguent : les «piétistes-orthodoxes» et les «charismatiques-pentecôtistes». Les premiers mettent l’accent sur la fidélité biblique, l’orthodoxie, la piété (prière, lecture de la Bible). Ils se méfient des expressions émotionnelles spectaculaires. Les seconds mettent l’accent sur l’efficacité de l’action miraculeuse de Dieu au travers du Saint-Esprit, avec la prophétie, la glossolalie (capacité à parler des langues inconnues) et la guérison. Ils sont beaucoup plus expansifs que les premiers. Ces deux grandes tendances s’accordent assez difficilement, sans compter qu’elles comportent, chacune, de nombreuses subdivisions internes.
3ème complication : c’est un mouvement décentralisé. Il existe beaucoup de réseaux évangéliques, comme, en France, la FEF, l'AEF ou le récent CNEF. Mais on ne rencontre aucune institution représentative de l’ensemble des Églises évangéliques. A fortiori, aucune «Église» centralisée qui les rassemble. Le mode organisationnel préféré des évangéliques, c’est l’autogestion de l’Église locale, de l’assemblée des fidèles, suivant un principe d’autonomie qu’on appelle le congrégationalisme. Du coup, la réalité évangélique se décline en une multitude d’expressions locales diverses.
Malgré ces obstacles, il reste possible de cerner l’identité évangélique. Quatre critères nous aident pour cela ; Ils sont empruntés à l’historien David W. Bebbington. Ces quatre caractéristiques sont le biblicisme, le crucicentrisme, la conversion et l’engagement (militantisme). Lorsqu’on trouve ces quatre éléments à l’œuvre, on peut être à peu près sûr d’être en face d’une Église évangélique.
1. Biblicisme. Ce terme désigne la centralité de la Bible. Il signale une chose: les évangéliques sont des protestants. Le protestantisme, c’est un christianisme qui a déplacé la source centrale de légitimité d’une institution (la sainte Église) vers un texte, la Bible. Les évangéliques se situent dans cette filiation. Mais leur biblicisme comporte des accentuations spécifiques. La première, c’est l’accent sur la force normative de la Bible dans tous les domaines. La Bible est conçue comme un « code de la route » qui fait autorité dans tous les aspects de la vie du chrétien. La seconde accentuation, c’est la valorisation d’un rapport direct au texte. Les évangéliques n’aiment pas beaucoup les médiations critiques qui se placent entre eux et le récit biblique. Ils partent du principe que l’homme de la rue peut comprendre l’essentiel du texte, sans avoir besoin de passer par les sciences humaines. Ce rapport direct implique aussi une réticence marquée à métaphoriser les récits évangéliques. Quand le texte dit que Jésus accomplit un miracle, les évangéliques le considèrent comme un fait, pas comme une métaphore. Enfin, le biblicisme évangélique revêt une dimension primitiviste. C’est au travers du filtre fantasmé de l’Église primitive que les évangéliques lisent le texte. Les sédimentations historiques et culturelles qui se sont ajoutées au cours des siècles les gênent. Ils privilégient ce qu’ils pensent être le christianisme des premiers croyants, au risque d’une ignorance marquée pour les traditions chrétiennes ultérieures.
2. Crucicentrisme. Ce second élément de l’identité évangélique nous rappelle qu’avant d’être protestants, les évangéliques sont des chrétiens. L’ensemble des chrétiens se réfère à la Croix de Jésus-Christ, comme lieu du salut de l’humanité. Mais les évangéliques ajoutent à ce thème chrétien universel des accents spécifiques. Ils en proposent une lecture particulièrement dramatique, fondée sur une conception binaire de l’histoire qui oscille entre un «avant» marqué par la condamnation (le péché produisant la mort) et un «après» éclairé par la grâce (Jésus ayant payé le «prix du péché», la «dette» contractée par les pécheurs est effacée). Ils continuent par ailleurs à souligner que la Croix constitue la voie obligée du salut. Pour eux, «nous n’irons pas tous au Paradis». Seuls ceux qui ont accepté l’œuvre de la Croix seront sauvés. D’où l’importance cruciale de ce thème théologique, qui explique aussi pourquoi beaucoup d’évangéliques ont soutenu le film de Mel Gibson, The Passion (2004). En dépit des controverses et du côté très sanguinolant de ce film-choc, les évangéliques ont apprécié sa dimension crucicentriste, qui rejoint bien leur culture religieuse.
3. Conversion. S’il ne fallait retenir qu’un thème, ce serait celui-là. Les évangéliques représentent un christianisme de conversion, qui refuse l’identité chrétienne par héritage. Pour eux, ce n’est pas la naissance qui fait le chrétien, mais la nouvelle naissance, c’est-à-dire la conversion, définie comme une rencontre personnelle avec Jésus-Christ, reconnu comme Fils de Dieu, sauveur et seigneur. Cette rencontre s’adosse elle aussi à une lecture binaire des choses, avec un « avant » sous le sceau de la mort spirituelle, et un « après » sous le sceau d’une vie nouvelle. La conversion est sensée constituer le pivot à partir duquel la vie change de cours. L’accent sur la conversion a des conséquences sur les rites et sur l’ecclésiologie. Les rites de transmission générationnelle sont mal vus, à commencer par le baptême du nourrisson, jugé comme équivoque. A ce baptême, ils préfèrent le baptême du converti, car pour les évangéliques c’est la conversion qui donne l’identité chrétienne. Du point de vue de la définition de l’Église, l’accent sur la conversion induit aussi une reconfiguration, qui met en avant l’Église de militants, de convertis, au détriment d’une Église d’encadrement de masse. Le raisonnement des évangéliques est le suivant : si le chrétien, c’est un converti, alors l’Église, rassemblement des chrétiens, doit être une Église de convertis.
4. Engagement (militantisme). La conséquence logique de l’accent sur la conversion, c’est l’engagement militant. Si devenir chrétien s’apparente à une «nouvelle naissance» (référence à un récit évangélique situé dans le chapitre 3 de l’Évangile de Jean), alors la vie chrétienne doit marquer sa différence par rapport à l’ancienne vie. Être chrétien cela doit se voir, car c’est aussi le meilleur moyen de «montrer» Dieu. Comme l’écrit Jean-Paul Willaime, dans “le régime évangélique du croire, la meilleure preuve de l’existence de Dieu, c’est le fait que des individus le louent et le manifestent à travers des vies transformées”. Le type protestant évangélique est du coup proche du type militant, avec une efficacité sociale reconnue qui se double, parfois, de certaines dérives sectaires. Il valorise une implication quotidienne, que ce soit par la prière, le témoignage oral, l’ascétisme (refus du sexe extraconjugal ou préconjugal etc.). Cet engagement s’inscrit dans les sociabilités militantes d’Églises dites «de professants». Les communautés n’acceptent comme membres que les fidèles qui ont «professés» publiquement leur foi. La plupart des assemblées évangéliques sont de ce type, ce qui entraîne un biais statistique quand on compare avec d’autres Églises : entre une paroisse catholique de 8000 membres, avec une centaine de pratiquants hebdomadaires, et une Église évangélique de 40 membres, avec soixante pratiquants hebdomadaires, le «membre» ne veut pas dire la même chose*.
Avec ces quatre critères (biblicisme, crucicentrisme, conversion et engagement), les traits du type évangélique se dessinent… au moins sur le papier! Car sur le terrain, les critères ainsi définis ne se repèrent jamais à l’état pur. D’où la nécessité d’investigations fines, qui remplissent aujourd’hui l’agenda d’un nombre croissant de chercheurs.
VIDEOSectes et religion C DANS L'AIR
Fous de Jésus, qui sont les évangéliques ?

Evangélistes ou évangéliques ?
Quelle est l’origine de ce courant religieux ?
C’est un théologien américain du XVIIIe siècle, Jonathan Edwards, qui est considéré comme le père de l’évangélisme. Ce pasteur calviniste se désolait du caractère routinier de la pratique religieuse. Ses écrits sur le rôle des “affects” dans l’expérience de la foi ont conduit au premier “grand éveil”, ainsi qu’on appelle ces retours périodiques à la religion qui ont marqué l’histoire des Etats-Unis. Pressentant peut-être le risque de sectarisme, Jonathan Edwards expliquait que l’intensité des sentiments envers Dieu ne devait pas entrer en contradiction avec la raison. Lors du second “grand éveil”, à la fin du XIXe siècle, l’évangélisme s’est affirmé comme une forme typiquement américaine du protestantisme : égalitariste, individualiste, prosélyte, à la fois mystique et terre à terre, avec une propension au littéralisme biblique. Le troisième “grand éveil”, celui de ces trente dernières années, y ajoute deux composantes : les mass media et la mondialisation. Pour conquérir de nouvelles âmes, les Eglises ont recours au télévangélisme, à la musique rock, à la vidéo, au cinéma, aux sagas romanesques. Adaptées au mode de vie suburbain, les méga-églises ressemblent à des centres commerciaux. Dans le monde entier, l’évangélisme coïncide avec la diffusion des modèles culturels américains.
Evangéliques, “born again”, pentecôtistes
Ces trois notions se recouvrent en partie. Les évangéliques et les born again christians (chrétiens re-nés) peuvent appartenir à toutes sortes d’Eglises ou “dénominations”, en général des branches du protestantisme. Tous se réfèrent à la Bible et insistent sur leur rapport personnel avec Dieu ou Jésus, établi lors d’une redécouverte de la foi (c’est le cas, désormais célèbre, de George W. Bush). Après le baptême ou la conversion (“première bénédiction”), le croyant a besoin d’une “seconde bénédiction” pour confirmer son engagement. Le pentecôtisme, né en 1901 au Kansas, prône quant à lui une “troisième bénédiction”, le “baptême dans l’Esprit” : la descente de l’Esprit saint provoque des transes, des guérisons et le don des langues (tel celui reçu de l’Esprit saint par les apôtres lors de la Pentecôte). Le pentecôtisme est décrit comme la “religion des pauvres”, mais il promet la richesse et la réussite.
Combien sont-ils ?
Selon les projections de la World Christian Encyclopedia, il y aura en 2005 dans le monde 210 millions d’évangéliques et 523 millions de pentecôtistes (sur 1,9 milliard de chrétiens), répartis en une myriade d’Eglises comptant de quelques dizaines à plusieurs millions de membres. Trente-neuf mille dénominations sont répertoriées, dont plus de la moitié dans le tiers-monde. La Chine est le pays où le nombre de convertis augmente le plus vite (10 000 par jour), ce qui fait d’elle le troisième pays chrétien de la planète, après les Etats-Unis et le Brésil. L’Afrique et l’Asie sont des terres de mission depuis déjà longtemps, l’Europe de l’Est a suivi, et c’est maintenant le monde arabo-musulman qui est la cible. Les missionnaires évangéliques venaient au début des Etats-Unis, mais d’autres pays (Brésil, Nigeria, Corée du Sud) ont pris le relais.
Quel est leur rôle politique ?
Les 40 % d’Américains qui se déclarent évangéliques ou born again ont indéniablement joué un rôle dans la réélection confortable de George W. Bush. Leurs revendications politiques portent sur les “valeurs chrétiennes” (hostilité à l’avortement et à la recherche sur les embryons, au mariage homosexuel, à l’euthanasie), mais finissent par rejoindre le programme de la droite ultraconservatrice (sur la guerre en Irak et la sécurité intérieure). L’évangélisme de gauche à la Jimmy Carter est très minoritaire. En Amérique latine, leur rôle est plus complexe. La pratique démocratique de ces groupes protestants contraste avec la hiérarchie propre au catholicisme, très lié aux élites traditionnelles. Au Pérou, au Guatemala ou au Brésil dans l’entourage de Lula, des évangéliques représentent un certain changement politique.
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J'ai quitté ce mouvement depuis longtemps déjà, trop fondamentaliste avec la Bible comme "parole de Dieu sans erreur" et comme seule vérité. C'est sûr, c'est moderne dans le déroulement des cultes, on prie avec ferveur, on écoute du rock chrétien galvanisant, on se bouge, ça donne une assurance et une certaine énergie. Mais au niveau théologique, c'est autre chose, il n'y a pas d'alternative en dehors du "Seigneur Jésus mort pour tes péchés et qui veut te délivrer du mal et de satan". Vision très acerbe sur le monde considéré comme égaré, la Bible lue au pied de la lettre, etc.
Au passage, chez les évangélistes on insiste beaucoup sur la relation personnelle avec Jésus qui est considéré comme un proche en fait. Comme si c'était un ami."......
......" Il semble qu'on utilise surtout le terme "évangéliste" pour parler de ces mouvements très particuliers de type fondamentaliste avec une lecture très littérale de la Bible considérée comme sans erreur. Ce qui est très différent des mouvements issus de la Réforme souvent libéraux et beaucoup plus tolérants.
Je pense par ailleurs que l'ensemble des "évangélistes" refusent ce terme du fait de son assimilation à un mouvement de type "secte". Il est vrai que les mouvements évangélistes sont sectaires. J'entendais souvent par exemple, et pour ne citer que celui-ci, dans les "Assemblées de Dieu" le terme "gens du monde", c'est à dire les gens qui ne sont pas dans l'église et sous-entendu "perdus".
Quand j'ai quitté ce mouvement, on m'a appelé "rétrograde" (backslider en anglais) car pour ces églises qui pensent détenir la "Vérité", vous êtes considérés comme "régressant" dans votre vie...
J'ai entendu le pasteur dire par exemple "Si vous quittez l'église, la vie sera pire pour vous." !!!!!!
Je ne vous dis pas les difficultés psychologiques que vous pouvez éprouver quand vous sortez d'un tel mouvement !
Je pense par ailleurs que les mouvements évangélistes rejoignent dans l'attitude les Témoins de Jéhovah, et ce pour en avoir discuter avec d'anciens membres.".......
........."A mon sens le terme "évangélistes" permet à juste titre une grande distinction entre églises de tradition réformée et libérale (beaucoup plus tolérantes et rationnelles) des autres fondamentalistes et intégristes. Et je pense que c'est la raison pour laquelle ce terme est utilisé par les médias de masse mais aussi par les grands journaux. Effectivement le terme "évangéliques" désigne tous les protestants et c'est pour cela que l'article du Nouvel Observateur "Les évangéliques: la secte qui veut conquérir monde" (février 2004, n°2051) a tant gêné les protestants alors que le journaliste visait bien les fondamentalistes.".......
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ARTICLES DE JOURNAUX
Dans le journal Le Monde du 21octobre 2005 :
Ces dernières années, le courant pentecôtiste s’est beaucoup développé. En effet, il "promet aux fidèles, dès ici-bas, un avant-goût de paradis. La participation aux assemblées de prière prend là des allures de "trip", qui fait oublier la misère du monde." »
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Journal L'Humanité 27 août 2004 :
« Pendant le rassemblement, trois séances de prédication par jour sont prévues, ainsi que des chants, de prières et des témoignages de foi. "Reste une étrange impression mêlée, bourrage de crâne et foi candide, malgré la sincérité apparente des propos." »
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Extrait:
Quoi qu’il en soit, en rupture totale avec la tolérance religieuse brésilienne, engagées dans une guerre " contre l’ouvre du diable " qui serait la cause des malheurs sociaux, les Églises évangélistes embrigadent dans une mobilisation permanente les gens les plus désespérés des quartiers pauvres, en prenant pour cible les traditions culturelles et spirituelles africaines, la liberté morale et sexuelle, la médecine, l’école, les forces progressistes et syndicales. Un succès qui trahit sans doute les cassures du tissu social et culturel du Brésil dans le cadre d’une grave crise qui l’atteint profondément
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Extrait:
Le pasteur est un adepte de la "marche de prière" . Quand il est arrivé à Colorado Springs en 1985, le péché, la contre-culture, l'homosexualité étaient partout. Il a organisé des prières autour des lieux de perdition. Il a fait des listes de noms à partir de l'annuaire du téléphone : les gens pour qui il fallait prier. Les "sorcières" New Age sont parties. "C'était un endroit de ténèbres" , explique Monique Ost, 22 ans, la responsable d'un groupe de jeunes. Le pasteur Ted Haggard vient de publier un livre sur le "prier-marcher", une discipline en développement dans un pays qui aime l'exercice. Il appelle les fidèles à aller marcher autour des écoles, des entreprises, des bâtiments gouvernementaux, des magasins d'alcool.
Il faut lire un article dans le blog d’un responsable du site « topchrétien » Samuel Foucart qui s’oppose au consensualisme et qui ne peut laisser que de gros malaises…
…
Je sais que le monde chrétien tend, lui aussi, à une consensualité qui, par contre, me paraît parfaitement en désaccord avec l’Évangile. Je sais bien que Jésus a dit : « Vous serez haïs de tous » (Luc 21.17) et qu’il n’est pas question pour nous d’aller au-devant de cette haine-là par des prises de position, des argumentations ou des propos volontairement provoquant ! Non, laissons-la venir, cette haine, elle viendra bien d’elle-même pour ne pas dire qu’elle est déjà là !
L’Évangile de Jésus-Christ ne pourra jamais être consensuel, tout simplement parce qu’il ne l’a jamais été ! Il n’est pas séduisant pour les raisons suivantes : il dit la vérité et met dans la lumière ce qu’est le problème de l’individu, de la société ou d’un pays ! Il n’est pas utopique mais parfaitement réaliste appelant un chat un chat ! Il ne peut pas s’accommoder à la sauce humaniste ni même religieuse ! À partir de là, comment prétendre croire qu’il soit possible de plaire et de complaire au plus grand nombre ! Impossible!
Journal "LA CROIX" du 22 décembre 2005, article intitulé "La galaxie en expansion du protestantisme évangélique", à propos du livre "Du ghetto au réseau : le protestantisme évangélique en France 1800 /2005 de Sébastien Fath,Editions Labor et Fides :
"Après avoir livré quelques unes des clefs de ses constatations, Sébastien Fath se place dans une perspective plus critique, identifiant quelques unes des fragilités du courant missionnaire évangélique qui représente dans le paysage actuel moins de six français sur mille. Les scénarios de dérives sectaires (...) ne sont pas exclus.
(Sébastien Fath est sociologue et chercheur au GSRL (Goupe de Sociologie des Religions et de la Laïcité, il serait protestant évangélique baptiste)
Journal "LE MONDE" du 24 décembre 2005 de Henri Tincq :
Les évangéliques, fous de Jésus
D'abord, saluer le voisin, un "futur frère du ciel", l'embrasser "sous le regard du Seigneur". Puis répéter les refrains qui défilent sur des écrans géants, chanter à tue-tête des hymnes et des louanges, balancer le corps, claquer des mains. La sono couvre à peine le "parler en langues", suite de mots et de sons inarticulés qui enfle pour invoquer l'Esprit saint.
Le pasteur Samuel Peterschmitt bondit sur scène. Quarante et un ans, cheveux courts et gominés, costume et cravate verts. Cet autodidacte sans formation théologique est l'un des meilleurs prédicateurs évangéliques de France. Il exerce à la Porte ouverte chrétienne de Mulhouse (Haut-Rhin), la plus grande megachurch bâtie sur le modèle américain, une affaire juteuse dont il a hérité de son père, Jean, un mennonite (anabaptiste). Ce soir, 3 000 fidèles remplissent un ancien hypermarché, racheté à bon prix, dans la banlieue de la ville.
Samuel Peterschmitt sait tout faire. Il chante et danse près d'accortes jeunes choristes. Micro à la bouche comme un crooner, il arpente la scène, ferme les yeux de manière extatique, chasse les démons. Il séduit, envoûte, électrise, magnétise : "La Bible m'a dit...", "Dieu m'a dit...". Et la foule, comme un seul homme, répond : "Amen." "Jésus est là parmi nous, prêche-t-il. Il est là pour chasser les démons, pour que les malades soient guéris, les pécheurs pardonnés." Il prie pour que la France prenne le "chemin de la repentance", pour les hommes politiques qui votent des "lois iniques", pour la société qui vit "dans le marasme". Il en appelle au respect du corps contre la pornographie, de la famille, des couples normaux, c'est-à-dire hétérosexuels. La foule s'agite, trépigne, chante en boucle : "Son sang m'a purifié, je le crois, je le crois... Mes fautes sont lavées par la croix, je le crois, je le crois."
D'autres prédicateurs prennent le relais. Comme Jacques Elbaz, juif converti, venu de Jérusalem : "Jésus revient bientôt, mais attention, le démon ne chôme pas. Portez tous le casque du salut." En Israël et en France, les juifs sont confrontés au "royaume des ténèbres". Il hèle son auditoire : "Est-ce que ce sont les juifs qui ont transpercé Jésus sur une croix ?" La foule hurle : "Non. Ce sont les Romains !" Les militants sionistes, un badge "Juifs pour Jésus" sur leur tee-shirt, exultent : " Nous voulons qu'Israël soit sauvé. Nous voulons que la France soit sauvée."
Deux heures déjà que la transe dure. Suivent des témoignages de guérison. Samuel Peterschmitt toise la foule : "Qui a besoin, ce soir, d'être sauvé ? Qui a besoin d'une délivrance ? Qui souffre d'une dépression ? Qu'il lève la main, sorte des rangs et approche." Des mains se lèvent. Cardiaques, migraineux, cancéreux sont invités à mettre leur main sur la zone souffrante de leur corps. Des pasteurs imposent leurs mains sur la tête. La foule des fidèles se serre et prie.
La Porte ouverte chrétienne de Mulhouse n'est que l'une des vitrines d'un courant "pentecôtiste" qui s'étend, mord sur les Eglises traditionnelles (catholique, réformée, luthérienne, etc.), progresse en terres protestantes (Alsace, Midi, région parisienne), déroute les pouvoirs publics tentés de l'assimiler à une secte. L'arrivée en France des évangéliques n'est pas récente, mais, de 50 000 après-guerre, ils sont aujourd'hui près de 400 000, et forment la composante la plus nombreuse du protestantisme. Ce modèle "pentecôtiste", le plus spectaculaire, est de loin celui qui progresse le plus, au détriment des Assemblées de Dieu, plus austères et puritaines.
Cette galaxie évangélique met l'accent sur la conversion, le fondamentalisme biblique, répondant à un besoin de consolation, de convivialité, de guérison. Des traits y sont hypertrophiés : le charisme du pasteur exorciste et thérapeute :la vision binaire du monde (purs et corrompus) ; la méfiance envers la société moderne et tout oecuménisme ; la défense du peuple juif appelé à se convertir le jour du retour du Christ annoncé dans l'Apocalypse . Enfin la fréquence des "engagements" : la megachurch de Mulhouse est une ruche débordant de réunions de prière, d'évangélisation, d'action sociale, de formation biblique, de missions, etc.
Ses prédicateurs sourient des articles de journaux sur le "péril évangélique", qui aurait traversé l'Atlantique. "Les gens viennent chez nous sans désir de conquête, mais parce qu'ils ne se sentent pas jugés. Jésus n'est pas venu pour nous juger, mais pour nous sauver", dit un animateur de la radio évangélique Phare FM, qui diffuse des témoignages de guérison toute la journée.
Jean-Daniel Peter a été exclu de l'Eglise réformée de France parce qu'il "rebaptisait" des adultes(les évangéliques ne reconnaissent pas le baptême des nourrissons et baptisent par immersion). Il exerce désormais en Belgique : "Je trouve dans les assemblées évangéliques des fruits de conversion et de guérison qu'on ne trouve pas dans les autres Eglises, trop rationalistes."
"L'avenir est devant nous, assure Jean-Pierre Riche, président de la Fédération des Eglises du plein Evangile de France. Nous apportons des réponses paisibles à tous les problèmes de la société." Soif de Dieu ? "Notre Dieu n'est plus le Dieu lointain d'autrefois. Chez nous, il n'y a pas de différence entre ce qu'on voit, ce qu'on sent, ce qu'on croit", répond-il. La famille malmenée ? C'est un thème-clé des évangéliques, qui déclarent la guerre à une télé dominée par l'"idéologie du RAF" (Ruquier-Ardisson-Fogiel) ! "On avalise la décadence au nom de la liberté, déplore Samuel Peterschmitt. Il y en a assez d'entendre dire que le divorce n'a pas de conséquences sur les enfants."
Président des Associations familiales protestantes (AFP), Pierre-Patrick Kaltenbach fait son miel dans ces milieux évangéliques. Il se bat pour qu'ils soient reconnus par les pouvoirs publics, s'étonne que le maire de Mulhouse, Jean-Marie Bockel, s'obstine à ne pas recevoir la Porte ouverte chrétienne : "Il y a discrimination quand on finance des mosquées et pas un temple, quand on permet au Coran de sortir dans les rues et pas à l'Evangile", dit-il. Combat loin d'être gagné, car les évangéliques suscitent une répulsion proportionnelle à leur succès.
Les autres Eglises, protestantes et catholique, sont consternées. Dans le sud de l'Alsace, elles perdent leurs fidèles au profit de la Porte ouverte, dénoncent les dérives sectaires, le "trust familial" des Peterschmitt, les divisions dans les couples, la culture américaine qu'on tente d'importer. "Ces gens-là n'ont plus rien à voir avec le protestantisme français, explique le pasteur Philippe Aubert, président du consistoire de l'Eglise réformée de Mulhouse.Dans la société laïcisée, les gens ont sans doute besoin de symboles, de mystère et de certitudes. Mais, là, on nage en pleine idolâtrie et en plein néopaganisme."
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J'ajoute "ma petite pierre" à
ce témoignage et à ces articles :
Après avoir fréquenté, pendant un mois, le forum évangélique TOPCHRETIENS(dont références font suite), constitué de fidèles et de pasteurs et plus particulièrement les fils concernant le dialogue avec les autres religions (orthodoxe, catholique, musulman, j'ai pu constater :
- que les musulmans qui s'égarent sur le forum sont diaboliques, les catholiques trompent les ames et les conduisent à leur perte, les catholiques et orthodoxes sont idolatres,
- ils sont hostiles à toute forme d'unité et contre l'oecuménisme, c'est d'ailleurs précisé dans leurs statuts,
- leur lecture de la bible est littérale, sans nuances,
- ils sont intolérants. Leurs discours virulents et irrespectueux face aux autres confessions,
- ils éliminent immédiatement et arbitrairement tous messages les contrariant ou qui tenteraient de les contrer et de les destabiliser,
- ils sont persuadés d'être les seuls élus qui seront enlevés au ciel au moment des tribulations qu'ils attendent, leur seul souci étant de savoir si ça sera avant ou après
20:52 Publié dans RELIGION ou MOUVEMENT SECTAIRE ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dieu, evangeliques, fondamentalisme, isectes, gourous
11.08.2008
ETAPES DU PARCOURS SECTAIRE-MANIPULATION MENTALE
..."On parle de manipulation mentale lorsqu'un individu ou qu'un groupe d'individus exerce une tentative de prise de contrôle de l'esprit et du comportement d'une personne ou d'un groupe, en usant de techniques dites de persuasion ou de « suggestion mentale », en cherchant ou non à contourner les capacités critiques et/ou d'auto-critique de la personne, c'est-à-dire sa capacité à juger ou à refuser des informations ou des injonctions.
Certaines formes de manipulations pourraient être altruistes, mais la notion de manipulation mentale est généralement négativement connotée, évoquant les manipulateurs aux comportements égoïstes ou malveillants.
Des formes extrêmes en seraient par exemple le lavage de cerveau, ou des manipulations conduisant au suicide, ou à des comportements collectifs de type totalitaire et génocidaires..... » Source wikipédia
La manipulation est le fait d’obtenir de quelqu’un qu’il fasse quelque chose qu’il ne veut pas faire, sans qu'il s'aperçoive qu'on la lui fait faire.
Elle permet, par des moyens détournés, d'infléchir les comportements d'autrui comme de peser sur ses idées et ses convictions.
La manipulation mentale est un outil redoutable de contrôle visant à influencer, puis convaincre, la victime ; le but de cette manipulation étant d’aliéner la liberté d’autrui, en utilisant des techniques très subtiles.
Elle n’est efficace que si elle est totalement dissimulée : la victime sera persuadée que toutes ses pensées et décisions viennent librement d’elle.
source dictionnaire psychologique
POUR EN SAVOIR PLUS – LIEN SOURCE :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Manipulation_mentale<...
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UN EXEMPLE : LES EVANGELISTES...CES FOUS DE DIEU
Les « fous de Dieu » ou comment les Évangélistes Américains préparent et arment les petits soldats de demain afin de les envoyer guerroyer contre les musulmans
La guerre de religions organisée et mise en œuvre par les né conservateurs ultralibearaux et intégristes:religieuse made in USA :
....Aux Etats-Unis, mis à part 4 millions de Juifs et 1,5 million de musulmans, vivent 224 millions de Chrétiens, dont 80 à 100 millions d'évangéliques. Heidi Ewing et Rachel Grady ont étudié la montée en puissance du mouvement évangélique, l'endoctrinement des enfants et son futur impact sur l'électorat américain...
Ce documentaire est remarquable.
Il est sans parti pris et peut séduire les chrétiens comme provoquer des réactions de rejet.
Ce documentaire montre des camps de vacances évangélistes et la méthode d’un pasteur pour leur enseigner la foi. Les évangélistes manifestent leur foi bruyamment, ce qui peut surprendre, mais bon, pas de quoi fouetter un chat. C’est juste surprenant ces scènes d’hystérie collective et de transes. Sauf que.
Le discours du pasteur est clair :
- à travers ses camps et les jeunes âmes, elle entend constituer un futur corps électoral : au nom de la foi on renie la théorie de l’évolution et la science en général, il est expliqué aux enfants qu’ils ont été conçus par dieu.
- On les dresse contre l’avortement. On les fait prier pour George Bush et devant une image de lui -le pasteur l’aime beaucoup car dit- elle, il fait beaucoup pour leur foi-.
- On leur apprends aussi que le problème écologique est un faux problème que Dieu est là pour pourvoir aux besoins de la planète et qu'il interviendra en temps voulu,
Les musulmans sont pointés comme les « concurrents » de façon sous-jacente. Le pasteur reconnaît faire un lavage de cerveau mais que cela est nécessaire pour en faire de bons fidèles.
C’est terrifiant. Il faut le voir absolument car le phénomène arrive en France de manière plus insidieuse
LIRE : "JESUS CAMP" ENDOCTRINEMENT DES ENFANTS
ET :
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Les étapes du parcours sectaire

La rencontre | Correspondance entre | Les attentes du futur adepte | |
| Les réponses de la secte | |||
| À un moment favorable | |||
Première étape | Accueil dans la secte : temps du bonheur (mortel) |
Rencontre avec un groupe et un charisme : la secte et le gourou | |
Chaleur et convivialité | |
Reconnaissance et valorisation de l’adepte | |
| Promesse de paradis et de grandes réalisations (utopiques) | |
Rencontre avec la « vérité » | |
Protection contre les agressions de la société et les échecs |
Deuxième étape | Endoctrinement en douceur |
Suppression des angoisses existentielles | |
| Satisfaction narcissique | |
| Certitude d’évolution personnelle | |
| Désir d’en savoir plus, désir d’initiation, emulation | |
| Parallèlement apparition de contraintes et d’interdits pesants | |
| et apparition de problèmes financiers , professionnels, familiaux |
Troisième étape | Embrigadement de plus en plus pesant et irréversible |
| Prolifération des interdits et des contraintes | |
| Affaiblissement psychique et physique | |
| Emprise, manipulation mentale, enfermement psychique et physique | |
| Émulation et compétition, rivalités, excès de zèle | |
| Apparition du devoir et de la culpabilité | |
| Écrasement de la personnalité | |
| perte de l’identité, de l’individualité |
|
| 4° et dernière étape du parcours sectaire |
| ||
La continuité des « fourmis » | Permanence de l’infeodation | |||
| Sécurité dans la répétition | ||||
| Soumission inconditionnelle, allegeance | ||||
|
| ||||
| A la mort ou a l’emprisonnement du gourou : | ||||
Le syndrome de Stockholm | ||||
| Le culte du gourou et de sa doctrine | ||||
| Les commémorations, l’intemporalité | ||||
| La continuité des « lieutenants » | Fanatisme, extrémisme | |||
| Identification au gourou | ||||
| Besoin de pouvoir, escalade dans la hiérarchie | ||||
|
| ||||
| A la mort ou à l’emprisonnement du gourou | ||||
| Le dauphin a la place vacante | ||||
| Les nouveaux chefs à la tête des groupes dissidents | ||||
| Les « petits chefs » ratés sans adepte | ||||
La continuité et la sortie par la mort | Suicides collectifs ou assassinats | |||
| Mort par absence ou refus de soins médicaux | ||||
| Suicide (individuel) dans la secte | ||||
| Suicide (individuel) après exclusion | ||||
La sortie par la pathologie psychiatrique | Dépression mélancolie | P S Y C H O T H E R A P I E
P O S S I B L E | ||
| Névrose | ||||
| Psychose | ||||
|
| ||||
| Exclusion de la secte | ||||
| Refuge dans une autre secte | ||||
| Hospitalisation | ||||
| Psychothérapie | ||||
|
| ||||
La sortie par l’exclusion | Lorsque l’adepte présente une pathologie psychiatrique | |||
| Lorsque l’adepte conteste, remet en question, désobéit | ||||
| Lorsque l’adepte dépasse le gourou | ||||
|
| ||||
| Effets de l’exclusion | ||||
| Suicide | ||||
| Refuge dans une autre secte | ||||
| « Électrochoc », prise de conscience | ||||
| Psychothérapie | ||||
|
| ||||
| La sortie par la rupture | Sortie par la bascule : l’éthique personnelle dépasse l’état agentique | |||
| Sortie par l’état amoureux, | ||||
| Sortie par le doute et la prise de conscience | ||||
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| ||||
| Sortie par crise d’adolescence par rapport au gourou | ||||
| Vide de sens, de repère, d’affectif | ||||
| Compréhension, retour au réel | ||||
| Passage à la vie adulte | ||||
| Psychothérapie | ||||
21:08 Publié dans RELIGION ou MOUVEMENT SECTAIRE ? | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : evangeliques, gourous, sectes, manipulation mentale
08.06.2008
LA THEOLOGIE DE LA PROSPERITE
LA THEOLOGIE DE LA
PROSPERITE

EVANGELIQUE PENTECOTISTE
L'EGLISE DU ROYAUME DE DIEU (EURD)
L’EURD s’inscrit dans une tradition pentecôtiste vieille de plus d’un siècle dont elle accentue certains aspects. Ceci a conduit plusieurs sociologues et ethnologues à parler de néo-pentecôtisme, en référence à une « théologiede la prospérité » fortement dramatisée, voire jouée.
Dans la logique religieuse pentecôtiste (fondée sur la théologiede la prospérité), les pauvres ne sont pas en état de se convertir » (Corten, 1995 : 86).
La théologiede la prospérité prétend que la pauvreté est une manifestation des forces du Malin et cela contrairement à la richesse et à la prospérité qui constituent des signes de la présence de Dieu parmi les hommes et femmes : « [...] Moi je suis venu pour qu’elles aient la vie et qu’elles l’aient davantage » (La Bible, L’Evangile selon Jean, chapitre X). Les personnes qui se trouvent en marge de cette réalité de vie abondante se trouvent alors en-dehors du projet divin. Sous le paradigme de la théologiede la prospérité, les néo-pentecôtistes élargissent les formes d’accès au salut. Si la promesse de l’au-delà demeure, le salut prend également la forme d’une recherche de bien-être terrestre. Ce qui ne signifie pas pour autant que les soucis d’ordre terrestre étaient absents des préoccupations des croyants du passé. Bien au contraire, « l’urgence de faire face aux difficultés insurmontables et aux drames de la vie en ce monde a nourri en permanence des représentations et des pratiques directement ordonnées à l’obtention, ici et maintenant, des bénéfices de l’intervention divine, en matière de guérison, protection, etc », (Hervieu-Léger, 2001 : 76). Reste que le salut — Dieu et l’au-delà — était au centre de la pensée théologique et des pratiques religieuses. Aujourd’hui, notamment dans le néo-pentecôtisme, les valeurs s’inversent : l’accomplissement de soi « ici-bas » devient le centre des préoccupations théologiques. Le succès de l’EURD — connue par l’efficacité d’un service religieux destiné à résoudre des problèmes sociaux (individuels) — est, là encore, notre meilleur exemple.
L’éclectisme théologique, la médiatisation du religieux (télévangélisme), la « guérison divine » (exorcisme), la transe dans tous ses états ainsi que la mise à disposition, pour le croyant, d’un service religieux « personnalisé » et fondé sur les principes de la théologiede la prospérité sont quelques-unes des caractéristiques du néo-pentecôtisme ; néo-pentecôtisme dont l’EURD est l’un des principaux vecteurs.
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L’EURD considère l’argent comme la contrepartie des grâces accordées — guérison, succès professionnel, réussite sociale, bonheur ici-bas ainsi que dans l’au-delà, etc. Contrairement à d’autres théologies qui limitent le « projet divin » à une vie en abondance après la mort, l’EURD annonce le bonheur sur cette terre. « La volonté de Dieu est que nous ayons une vie bénie sur cette planète et qu’en plus nous recevions la vie éternelle après la mort physique » (Barros, brochure n° 123).
Bien sûr, pour cela, il faut faire des sacrifices : « pour que le sacrifice puisse vous apporter des résultats, il va falloir que ce sacrifice soit complet : i) sacrifice spirituel [...], ii) sacrifice physique [...], iii) sacrifice financier, présenter à Dieu une offrande qui ne soit pas évidente, facile, mais qui cause de la douleur, afin d’appeler l’attention de Dieu et cela va provoquer en vous une certitude de pouvoir recevoir la victoire » (Barros, brochure n° 99).
L’ostentation de l’Église, symbole de l’abondance divineface à la misère profane, donne ainsi sens à lathéologiede la prospérité, aux actions du Saint-Esprit sur l’Église à travers la prière et paradoxalement à la détresse de ses fidèles. C’est pour que la prière produise les résultats attendus qu’elle doit être bien orientée. Une prière bien orientée, « forte » dit-on, fait des miracles, rassemble des foules et, semble-t-il, érige un « royaume » qui s’étend de la ville de Joinville, située à l’extrême Nord de l’État de Santa Catarina (Brésil) jusqu’à Genève (Suisse).
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Certes, dans une l’Église, on prie, mais cette mise en valeur de la prière à l’EURD a d’autres significations. C’est, en effet, à travers la prière que cette Église véhicule ses représentations religieuses, à savoir la théologie(éclectique) de la prospérité. La légitimité de cette théologie dépend de la prière et, notamment de la façon dont celle-ci est orientée. En considérant l’argent comme la contrepartie des grâces accordées obtenues à travers la prière, l’EURD prospère et se présente aux croyants comme une preuve tangible de la présence de Dieu dans la démarche religieuse proposée. Bref, la prière est efficace lorsqu’elle est financée et bien orientée. Les particularités de cette orientation justifient probablement l’appellation « prière forte ».
ETHNOGRAPHIQUES.org
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EGLISE CHARISMA -
SEINE SAINT DENIS
PROSPERITE ?
Je viens de lire une article "élogieux sur Charisma" dans cet article de la réforme : http://reforme.net/archive/article.php?num=3171&ref=1...
J'ai pu lire ceci : "Charisma attire donc essentiellement des jeunes habitant le département de Seine-Saint-Denis, réputé le plus difficile de la région parisienne. L’Eglise promet aux convertis « la prospérité, le triomphe et le succès », selon le slogan affiché sur les murs. Les fidèles parlent avec enthousiasme de recherches de boulot qui aboutissent, de promotions au travail, de « bonheur spirituel et matériel ». Le site Internet de Charisma présente l’assemblée comme une « Eglise des champions », et 2006 comme une « année des victoires ». Pour autant, le pasteur Nuno Pedro rejette l’étiquette d’« Eglise de la prospérité», celle qui définit ce mouvement américain qui croit à un christianisme apportant richesse et prospéritéplutôt que pauvreté. L’étiquette ne lui convient pas, mais il adhère à la théologie: « Les gens qui venaient à Jésus étaient bénis dans tous les sens du terme. Brimer les aspirations de réussite est un crime. Ce n’est pas protestant. La foi aide à prospérer matériellement, les gens sortent de la misère. » Un discours qui trouve un large écho auprès des jeunes de la Seine-Saint-Denis, avides de solutions pour sortir d’une vie difficile."
Je peux constater une chose : les conversions y sont nombreuses car chez Charisma on fait des promesses qui ne sont pas forcément biblique, je me répète : Oui Dieu accorde sa bénédiction mais pas forcément la où on l'attends, c'est à dire dans le portefeuille. Je serais d'accord avec le pasteur Nuno Pedro sur le fait que brimer la réussite est un crime mais que tromper les croyants en est un aussi au niveau de la Parole de Dieu. Tous les croyants n'auront pas le même chemin, certains auront une vie plus riches matériellement que d'autres et certains seront "pauvres"
Les cours Bibliques à Charisma sont payants à l'année moyennant 500 euros, les messages sur cassettes sont payants, l'église est articulée sur une structure d'entreprise lucrative.
En 2001, un pasteur africain démarre une église à Ivry sur Seine. Membre de la Fédération Protestante, elle compte maintenant 600 membres. Leur devise : « Construisons des générations qui influencent positivement leur environnement. » A Saint Denis, l’église Charisma, qui a démarré en 2002, accueille 7000 personnes dans les différents services du week-end. Elle a aussi commencé une quarantaine d’oeuvres en province. Bien d’autres exemples pourraient être donnés. Aucune oeuvre n’est irréprochable et certaines pratiques ne nous conviennent peut-être pas, mais ces églises annoncent Jésus- Christ mort et ressuscité."
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LES PASTEURS DE LA
"PROSPERITE"
INVITES A
CHARISMA -PARIS
tommybates.com/country_store.html
Pastor Todd Hoskins
VIDEO TBN Presents Pentecostal Crazies:Todd Hoskins pt.1
http://www.vctchurch.com/home.html
États-Unis. L’Évangile de la
prospérité
Une Église fonctionnant comme une entreprise commerciale se charge de vendre un dogme à l’étrange contenu tel un produit de consommation courante.
Correspondance particulière.
Des congrégations qui ressemblent à des entreprises commerciales où l’Évangile est " vendu " comme un simple produit de consommation ? Non, il ne s’agit pas d’une secte quelconque, mais de la doctrine évangélique. Un produit made in America, of course, où Mamon, le dieu de l’argent, se porte toujours mieux qu’ailleurs. L’imbrication entre le religieux et l’argent n’a jamais été aussi flagrante que dans les Églises évangéliques qui s’inspirent de " l’Évangile de la prospérité ". Enseigné par des télévangélistes superstars, cet Evangile exhorte les fidèles à donner leur argent à l’Église - dîme des temps modernes - pour accéder à la richesse, rencontrer l’âme sour ou obtenir le salut éternel. Dixit ces télévangélistes - qui ont fait leurs choux gras des espérances pécuniaires de leurs ouailles.
Décriés à la fin des années quatre-vingt, après des révélations de scandales sexuels et financiers, les télévangélistes multimillionnaires ont retrouvé leurs brevets de respectabilité. Grâce à l’Internet, au satellite et à la télévision câblée, leurs émissions, toujours imprégnées d’une atmosphère marchande, sont plus tapageuses que jamais. Et leurs messages de moins en moins scrupuleux : " Si vous ne donnez pas votre argent, vous manquerez de tout dans la vie ; par contre, si vous êtes généreux, vous serez récompensés ", affirment ces Tartuffes ecclésiastiques qui font monter la mayonnaise en recommandant à leurs " fidèles " de donner à la mesure de leur foi.
Mais, en l’occurrence, c’est plutôt ces pseudo-pasteurs qui sont récompensés. Pour n’en citer que quelques-uns, le salaire du couple de prédicateurs texans télévisés Kenneth et Gloria Copeland (dont l’émission la Voix victorieuse du croyant est diffusée sur 700 chaînes américaines et 135 chaînes internationales) s’élèverait à environ 70 millions de dollars par an, selon un quotidien texan. Celui des Californiens Jan et Paul Crouch, propriétaires du réseau TV Chrétien Trinity Broadcast Network (et d’un ranch de 10 millions de dollars près de Dallas !) à 100 millions de dollars par an. Quant au pasteur géorgien Creflo Dollar, son salaire est inconnu, mais la construction de son église, the Church of World Changers (l’Église de ceux qui changent le monde), qui peut contenir 8 000 fidèles, aurait coûté 18 millions de dollars environ. Creflo Dollar, le bien nommé, mène un train de vie princier. Il ne se déplace qu’en Rolls-Royce et en jet privé et est souvent accompagné de gardes du corps. Mais, plus encore que les autres, la cupidité de Randy et Paula White, fondateurs de l’Église internationale sans murailles (The Without Walls International Church) de Tampa, en Floride (dont la résidence serait évaluée à environ 2,1 millions de dollars), le dispute à l’audace et à la cruauté : leurs émissaires vont dans les cités pour donner des représentations théâtrales chrétiennes et y soutirer l’agent des enfants déshérités. " Leur message cible les pauvres et les personnes mal informées. Le fidèle ne peut pas payer le crédit de sa maison, mais le pasteur lui dit que s’il donne son argent à l’Église, Dieu lui procurera l’argent pour son crédit ", explique Hank Hanegraaff, auteur d’un livre qui fait la démonstration de l’utilisation des stratégies des sectes par certaines Églises.
Car, à n’en pas douter, dans un certain inconscient collectif américain, la prospérité est un signe d’agrément divin, voire de salut. Les croyants qui prospèrent sont ceux qui obéissent à la volonté de Dieu et sont assurés d’aller au paradis, tandis que ceux qui galèrent ici-bas ont un pied en enfer - d’où un mépris quasi institutionnalisé pour les pauvres.
L'HUMANITE (2004)
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Dieu veut-il que soyez-vous riche ?
La couverture du numéro du 18 septembre 2006 du magazine de Temps pose la question - Dieu veut-il que soyez-vous riche ? Le centre de l'article de couverture est sur le nouveau message de méga-prospérité de méga-église de beaucoup d'églises évangéliques rapidement croissantes aux Etats-Unis. Joel Olsteen, le meilleur vendant l'auteur de votre meilleure vie maintenant, est le pasteur très bien connu de la méga-église de Lakewood située à Houston au Texas. Son rassemblement est si grand il a dû transformer une arène de sports dedans à une église. En raison du popluarity de son livre et de la taille étonnante de son rassemblement il est identifié en tant qu'un des principaux pasteurs de ce qui s'est appelé le mouvement de théologie de prospérité. Naturellement sur l'extrémité opposée du specturm il y a beaucoup de pasteurs et théologiens, le plus noteably Rick Warren, le meilleur auteur de vente du but conduit la vie, qui sont en désaccord fortement avec la théologie de prospérité et son foyer sur la richesse.
JESUS BLOG
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BRESIL : 30millions de fidèles
PLUS DE SAMBA DANS
LA NOUVELLE JERUSALEM
L'Eglise universelle du Règne de Dieu - l'Universal -, d'obédience évangélique, recourt au marketing le plus agressif pour convertir au Nouvel Israël. Avec un succès considérable
Le diable? Il est partout, martèlent journaux, radios et télévisions de l'Universal, il revêt tant de visages. Et d'abord celui du... pape de Rome. L'Eglise catholique, voilà l'ennemi mortel.
Pour s'en convaincre, si besoin est, un coup d'oeil sur les rayonnages de la librairie suffit. La meilleure vente du mois? «L'Histoire secrète des jésuites» d'un certain Edmond Pérès. L'illustration de la couverture en donne la couleur: un crucifix dressé sur une croix gammée «embroche» une Bible. «Ils s'infiltrent dans les Etats, les instituts, les partis politiques,lit-on sur le verso, pour fomenter révolutions, crimes de sang et désordres sociaux, politiques, moraux, militaires et sexuels afin d'instaurer un pouvoir mondial», sous la tiare de l'Eglise catholique.
Ce matin, comme chaque dimanche, c'est le «jour de l'exorcisme», les croyants viennent tordre le cou à Satan. En voiture, par bus spéciaux, ils débarquent, jeunes, vieillards et nourrissons, riches et pauvres, bien vêtus, débonnaires. Un détail saute aux yeux: la plupart des «élus» sont des femmes, noires ou métisses. Un signe qui parle à Fernando Altmeyer, professeur de journalisme, ex-bras droit du cardinal «rouge» Evaristo Arns. «LEglise catholique est encore trop masculine, trop cérébrale, trop blanche», déplore ce partisan de la théologie de la libération, lui-même fils d'une Espagnole et d'un Allemand. «Pensez,révèle-t-il en tendant la main ouverte, qu'il n'y a que 5 Noirs parmi les 414 évêques du Brésil, pays où le brassage racial n'est pas un vain mot. La force des évangéliques est d'avoir compris qu'il faut s'ouvrir aux femmes, aux gens de couleur, à une religiosité affective.»
La foule des croyants se répand à travers les méandres du jardin du temple, bordé par de modestes maisons de brique que rongent le soleil et la moiteur de l'été tropical. Beaucoup arborent un pins maison clamant «Brésil, nation évangélique». Ils lambinent en attendant non point la messe, qu'ils laissent aux «païens», mais l'«office», prennent des photos de la Jérusalem antique, puis s'installent à la cafétéria pour parcourir lhebdo de la secte, la «Folha Universal», qui tire à pas moins de 1million dexemplaires, de très loin le plus fort tirage de la presse d'Amérique latine.
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«Théologie de la prospérité», c'est justement le titre du livre-profession de foi d'Edir Macedo, le fondateur de l'Universal. Sans cesse réédité, il est disponible à la librairie du temple. L'évêque en chef y dénonce l'option catholique pour les pauvres, si chère à la théologie de la libération, et sa haine des puissants. Non, plaide-t-il, Jésus n'est pas l'homme loqueteux, doux et indigent que l'Eglise romaine popularise depuis deux mille ans. C'est un héros positif, prêt à guerroyer, ne boudant nullement honneurs et richesses. En vertu de quoi, observe le journaliste Paulo Farah, «il existe au Brésil un business évangélique en plein essor. Appuyé sur l'Association des Hommes d'Affaires du Plein Evangile (Adhonep), qui rassemble 25000chefs d'entreprise, il pèse 1milliard deuros».
LE NOUVEL OBSERVATEUR «La secte qui veut conquérir le monde »
Le réseau religieux est un phénomène très intéressant. Dans tous les bidonvilles visités, les églises protestantes, et plus particulièrement celles de la branche évangéliste et pentecôtiste, foisonnent littéralement. Dans une société qui s’affirmait jusqu’à tout récemment catholique à plus de 80%, le protestantisme, en progression rapide, rejoindrait aujourd’hui 40% de la population en Haïti (Cayemites et al, 2001), un chiffre qui atteindrait 60% dans les bidonvilles, ce que confirme la tendance exprimée lors des entrevues auprès des ménages. Les pauvres des bidonvilles tournent le dos au catholicisme et adhèrent massivement au message de la théologie de la prospérité véhiculé par des pasteurs qui sont des leurs et qui vivent avec eux dans leur quartiers.
Regroupant plusieurs centaines, parfois des milliers de fidèles, les nombreuses églises d’un quartier réussissent chacune à bâtir leur temple, et souvent à construire un orphelinat, un dispensaire médical, une école primaire, une école secondaire, parfois même comme dans Village de Dieu, à gérer une entreprise de fabrication de cercueils. Ainsi, une des petites églises du bidonville de Cité L’Éternel, nommée l’Église de Dieu Sanctifié par la Grâce, compte quelques 900 fidèles et supervise une école primaire qui rejoint 500 étudiants. Cette structuration impressionnante du sociocommunautaire s’effectue au rythme des ressources dégagées auprès des fidèles, des revenus provenant des activités connexes, parfois des dons d’églises étrangères, parfois de la captation de l’aide internationale.
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Dans le bidonville de Village de Dieu (10 000 hab.) où on pénètre en franchissant l’une ou l’autre des grandes arches annonçant le nom du lieu, on recense un place publique éclairée, un terrain de football, une fontaine publique avec douches, un réseau d’électricité, 7 églises évangéliques dont une (l’Église du Rédempteur) occupe un impressionnant temple de 1000 places, des rues et ruelles bétonnées dotées de petits caniveaux.
72ème Congrès de l’ACFAS Pdf
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GRANDE-BRETAGNE et
CONGO
PASTEURS GOUROUS -
MIRACLES & GUERISONS
Dans une église à l'est de Londres. Une sœur est venue à l'église avec une belle voiture cylindrée qu'elle venait de s'acheter. Après le culte, elle appelle le pasteur pour la bénir. Ce dernier arrive, commence à prier et, tout de go, se met à parler en langues. Ils vocifèrent des paroles et des mots que lui seul comprend. Lorsqu'il retombe de sa transe religieuse, il prophétise : la voiture a des démons. C'est sûr, dit le pasteur, que la personne qui la lui a vendu y faisait des pratiques sorcières et démoniaques. La sœur le croit sur les lèvres. Deux jours après, elle a un accident, puis des pannes régulières. Elle finit par donner raison au pasteur et abandonne la voiture auprès d'un mécanicien qui la récupère et l'utilise à ces jours.
Un homme revient chez lui à la maison et se met à tabler. Il a juste le temps de soulever le couvercle d'un plat que sa femme sort de la cuisine en vociférant : « Cette nourriture est pour mon pasteur qui vient me rendre visite maintenant. Tu attends ». L'homme se fâche et casse les plats. La femme rétorque : entre mon pasteur et toi, je choisis mon pasteur. Un mois après, les deux divorcent.
Au début était le pentecôtisme
La nouveauté est apparue voici déjà trois décennies, à partir des USA d'où nous proviennent toutes les nouveautés. Au début, elles se faisaient appeler « des mouvements pentecôtistes » car l'effusion de l'esprit, avec le don de parler en langues, comme le jour de la pentecôte, semblait être leur action centrale. Un accent était mis sur le renouvellement de la vie du chrétien, le changement dans le comportement, des hommes et des femmes qui expérimentaient une autre expérience de Dieu dans leurs vies.
Nouveaux pasteurs
Tout tournait autour des nouveaux gourous, des pasteurs new look. Ils avaient reçu une vision et une mission spéciale de Dieu lui-même. Ils prêchaient l'évangile de Jésus-Christ. Ils baptisaient. Ils faisaient quitter Dieu et son culte des salles conventionnelles ou églises pour l'amener dans les lieux publiques : stades, carrefours, salle de cinéma. C'était la petite mode. Les nouveaux chrétiens se convertissaient aux sons des guitares, aux rythmes des danses. Le démon était chassé et poursuivi même dans les moindres coins et recoins où il se cachait. D'ailleurs, on semblait le voir partout. Le mouvement avait du succès et convertissait les « vieux » chrétiens fatigués d'avoir le salut par les sacrements. Ces nouveaux pasteurs étaient de vraies stars. Ils savaient haranguer. Ils savaient déplacer les foules, faute de ne déplacer les montagnes.
Plus, on se perdrait à se retrouver dans la nouvelle hiérarchie dans les chefs de nos nouveaux pasteurs. On y perdrait son latin. Par quel coup de bâton magique on devient pasteur ? Comment saute-t-on pour devenir prophète ? Qui a préséance devant l'autre le bishop ou l'évangéliste ? Qui se font nommer Docteur et pourquoi ? Autant de questions sans réponses.
Miracles et guérisons
Le monde lui-même, fatigué de chercher toujours un salut matériel, devant la technologie avançant à un rythme vertigineux, avait trouvé dans ces nouvelles églises et ses nouvelles expressions religieuse, un salut. D'ailleurs, on ne parlait plus des « sectes », mot à connotation péjorative. Mais, on disait désormais, nouvelles églises. Là, on faisait une autre expérience des évangiles. Jésus Christ étant le même hier, aujourd'hui et demain. La foi renouvelée et renouvelle guérissait. Les miracles étaient visibles. On les cherche et on le quémande. On en faisait de vrais shows radiotélévisés. Les guéris témoignaient à qui voulait les entendre comment Dieu avait « opéré ». Comment quelque chose s'était produite dans leur vie et dans leur corps. Des maladies incurables avaient disparues.
Les Églises mères
Les Églises établies et conventionnelles, apparemment en perte d'adeptes, se sont vite fait envahir par la mycose. Une nouvelle mode. Même l'Église catholique, qu'on sait pour son orthodoxie légendaire, ne s'était pas empêché de commencer son « pentecôtisme catholique », en incluant bien sûr la Sainte Vierge Marie, les saints et bien sur l'obéissance au magistère, c'est-à-dire à la hiérarchie catholique héritée des apôtres. On parla alors du renouveau charismatique qui devait se faire conformément aux enseignements de l'Église.
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18:17 Publié dans RELIGION ou MOUVEMENT SECTAIRE ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : evangeliques, prosperite, gourous, charisma
26.04.2007
LES EVANGELIQUES : religion ou secte ?
On peut, en substance, dégager de ces analyses, quelques caractéristiques primaires.
La religion :
- Une vocation à l'extension (universalisme) accompagnée d'une certaine flexibilité/évolutivité face aux société; La religion par souci de préserver sa perenité, ou par souci d'expansionisme, verrait ses formes s'adapter aux valeurs des sociétés qu'elle cotoie;
- Une "tension" à la centralisation des valeurs, une volonté générale d'instaurer des références communes, liant les
diverses communautés pratiquantes ;
- Un message qui tend à s'attacher plus volontiers à l'adhésion à certains fondements positifs qu'au rejet de
valeurs préexistantes, la conversion plutôt que la rédemption, c'est une différenciation de "l'intentionalité" du
message religieux.
à contrario, la "secte" aura les caractéristiques inverses.
La secte :
- Une tendance à la rigidité des pratiques ;
- Rigidité dans l'interprétation des textes en ce qui concerne les religions de traditions écrites ;(1)
- Une tendance à la décentralisation (démultiplication de mouvements internes) (2)
- Un message qui se veut de plus en plus contestataire et de moins en moins fédérateur, correspondant au besoin d'être toujours "opposante" pour préserver son caractère de légitimité, . (3)
Il semble, de manière générale, en observant ces principes, comme l'indique le compte-rendu de la commission d'enquête http://www.assemblee-nationale.fr/rap-enq/r2468.asp) que l'oecumenisme soit, d'un point de vue
sociologique, l'apanage (et par là, un critère) des religions non sectaires. (4)
L'occident vit, depuis sa révolution industrielle, un progressif affaissement des religions traditionnelles, alors même que la "religiosité" de la plèbe est vivifiée par des conditions de vie de plus en plus angoissantes et, surtout, un environnement de plus en plus artificiel. Il serait absurde d'affirmer que l'homme moderne serait subitement moins "déiste", mais, plutôt, qu'il ne se reconnait plus dans une religion traditionnelle non adaptée à ses problématiques propres, car peut-être, trop ancrée dans un rapport à la nature (nature de l'homme ou nature au sens vaste) aujourd'hui révolu.
Face à ce constat, deux attitudes coexistent au sein de églises : certaines, la catholicité en tête de ligne, tentent de rajeunir leur image en tentant vainement d'apporter une illustration actualisée des évangiles tout en essayant désespérément de réunir ses fidèles autour d'une personnalité centrale (le pape en l'occurence). Il s'agit ici de cette tension à la centralisation dont je parlais tout-à-l'heure.
D'autres églises, dont nombre issue de la "réforme", tentent au contraire de durcir leurs enseignements et usent de "l'exception sociale" qu'ils constituent comme une arme en terme de communication. Il n'est pas dans leur intérêt ni de fédérer, ni même d'adapter et de modérer leur lecture de texte.
Dun regard purement "marketting", disons que la catholicité revêt à la fois les désavantages de la "majorité sociale" et ceux de la "minorité" sans en avoir les forces.
La "majorité sociale" gagne en puissance par son pouvoir d'influence, par le nombre de ses membres, mais dans le cas de la catholicité, cette influence n'est plus qu'historique, et les églises sont remplies d'agnostiques et d'incroyants. En revanche la majorité agace l'opinion publique tandis que les minorités séduisent ; et cette séduction la catholicité ne peut l'opérer tant qu'elle est l'mage même du courant religieux "normal".
Le mouvement évangélique détient à la fois les forces de la "minorité" : communication, et de la "majorité" : influence, sans en avoir les désavantages.
Le mouvement sectaire, lui, a bien compris ce principe mercatique, et, inconsciemment, ses membres sont tentés de maintenir un discours de plus en plus rigide leur renvoyant cette image sociale "alternative" particulièrement gratifiante cimentant leur communauté. Le "sport" favori de nombre d'évangéliques est précisément d'accuser à tout va les églises traditionnelles et leur prétendue force politique.
Le danger, dans tout cela, c'est évidemment la progressive sectarisation de toute mouvance religieuse et la démission de la république. La loi n'a, en effet, aucune autre issue que d'imposer sa neutralité en se refusant de distinguer sectes de religions. Elle use pour se justifier d'une triste maxime citée par la commission d'enquête :
"La Commission a en effet constaté que si la difficulté à définir la notion de "secte" a été soulignée par toutes les personnalités qu'elle a entendues, la réalité visée semble unanimement cernée, sauf naturellement par les adeptes et dirigeants des sectes qui nient ce caractère à leur groupement (tout en pouvant le reconnaitre à d'autres)¤ et préfèrent évoquer les termes d'"églises" ou de "minorités" religieuses."
Conclusion juridique : il est inutile de statuer davantage.
http://atheisme.free.fr/Revue_presse/Sectes.htm
¤ Association anti-secte évangélique : http://membres.lycos.fr/bdsr/
Vigi sectes http://www.vigi-sectes.org/
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(1)..."C'est vrai que les chrétiens, les vrais, les « fondamentalistes », dérangent et dérangeront toujours.
Jésus ne les appelait-il pas « le sel de la terre ». (source TOP CHRETIENS)
blog d’un responsable du site « topchrétien » Samuel Foucart :
..."Je sais que le monde chrétien tend, lui aussi, à une consensualité qui, par contre, me paraît parfaitement en désaccord avec l’Évangile. Je sais bien que Jésus a dit : « Vous serez haïs de tous » (Luc 21.17) et qu’il n’est pas question pour nous d’aller au-devant de cette haine-là par des prises de position, des argumentations ou des propos volontairement provoquant ! Non, laissons-la venir, cette haine, elle viendra bien d’elle-même pour ne pas dire qu’elle est déjà là !
L’Évangile de Jésus-Christ ne pourra jamais être consensuel, tout simplement parce qu’il ne l’a jamais été ! Il n’est pas séduisant pour les raisons suivantes : il dit la vérité et met dans la lumière ce qu’est le problème de l’individu, de la société ou d’un pays ! Il n’est pas utopique mais parfaitement réaliste appelant un chat un chat ! Il ne peut pas s’accommoder à la sauce humaniste ni même religieuse ! À partir de là, comment prétendre croire qu’il soit possible de plaire et de complaire au plus grandnombre ! Impossible ! http://www.topchretien.com/topinfo/blogs.php?Id=9492
(2) " Les églises évangéliques sont, en effet, généralement de type « congrégationaliste », avec autonomie de l'assemblée locale, ce qui permet une vie de réseaux à la fois serrée et souple. Cette organisation s'explique, selon le pasteur Étienne Lhermenault, secrétaire général de la FEEBF, par « la conviction que l'Église du Christ est pleinement représentée dès qu'une congrégation (c'est-à-dire 2 ou 3 personnes) est réunie."
..."d'où le fait que tu trouves chez les évangéliques 2 grandes familles, les baptistes et les pentecôtistes, eux même subdivisés en de nombreux groupes plus ou moins importants. Par contre, nous avons en commun la majeure partie des doctrinales fondamentales, qui fait que nous sommes évangéliques et non d'une autre religion chrétienne...". (source TOP CHRETIENS)
(4) Pour illustrer nos propos, voici quelques commentaires trouvés dans le forum évangélique "TOPCHRETIENS" émanant pour moitié d'adeptes et pour moitié de pasteurs et modérateurs :
Concernant les musulmans :
..." je pense que j'y ai été conduit par le Seigneur, résistant aux démons de sorcellerie (libérés à l'occasion du
Ramadan) et aux esprits de mort qui semblaient réclamer des victimes cette nuit-là"
..." Si tu ne crois pas en Dieu, tu ne crois pas au pouvoir démoniaque. Quelqu'un qui adore un faux dieu adore un
diable et donc cette histoire de démons est très possible"
..."Que dis-je donc? Que la viande sacrifiée aux idoles est quelque chose, ou qu'une idole est quelque chose?
Nullement. Je dis que ce qu'on sacrifie, on le sacrifie à des démons, et non à Dieu. Or, je ne veux pas que vous
soyez en communion avec des démons"...
..."c'est incroyable que pour vous toutes les autres religions sont satanistes"...
..."L'Islam peut donc, à bon droit, être jugé démoniaque, dans la mesure ou la fausse doctrine donnée par Mahomet, son rejet de la Trinité et l'ange qui lui est apparu pour l'ensorceller dans ces erreurs, n'était pas Gabriel mais vous savez qui..."
..."Maintenant, il est plutot clair que le Talmud n'a pas grand chose de divin"...
...."quand on considère que l'islam est un problème des banlieues françaises parce que c'est vénérer un démon
peut etre que c'est important de tirer ca au clair"...
..."j'ai dis sa vient du diable cette image
Mais cette image est répandu comme un vraie croyance en Islam, et un peu comme la main de Fatma sa ennui certains, que veux tu, l'Islam tire ses origines du paganisme et de l'idolatrie .."
Concernant les catholiques :
..."Mieux vaut le libre-examen car il peut toujours mener à Dieu lorsque les ressources de l'homme sont épuisées, tandis que vos dogmes enferment très souvent les gens dans une auto-suffisance menant tout droit en enfer"...
..."Mais je confirme, que Bible en main, je dénoncererais sans ménagement les doctrines, les dogmes catholiques qui malheureusement mènent de nombreux catholiques professants directement en enfer.
C'est réellement une très triste situation !"...
..."Justement c'est parce que c'est très important qu'on aimerait bien que vous soyez incontestablement sauvés. On ne veut aucunement que vous soyez perdus, bien au contraire. Mais permettez moi de vous montrer, Bible en main, que vos dogmes vos fausses doctrines vous amènent à la perdition. Si je ne le fais pas il y aura non assistance à personne en danger. La Bible montre que beaucoup de vos croyances de vos dogmes sont contraire à ce qui est vraiment écrit, et le fait de les suivre vous amène fatalement à la perdition"...
..."- les catholiques disent des mensonges,
- ils conduisent les ames à leur perte,
- ils vont, pour la plupart en enfer, malheureusement"...
..."Il n'a pas dit cela, mais que l'église catholique enseigne des doctrines mensongères comme par exemple, (c'est moi qui l'ajoute), le "sauvé par son baptême" que vos prêtres répètent à tous les enterrements maintenant ainsi les gens dans une trompeuse sécurité dont ils se réveilleront trop rard lorsque comparaissant devant le grand trône blanc ils seront jetés dans l'étang de feu pour l'éternité.
Non pas les catholiques, mais l'église catholique par ses fausses doctrines comme celle du "sauvé par son baptême" qui envoie des milliers de gens dans la perdition éternelle
C'est bien ce qui nous motive, d'avertir ces âmes qui se croient sauvées par leur baptême pour les inviter à se repentir de leurs péchés et accepter le salut gratuit par la foi, et par la foi seument que Dieu leur offre"...
..."Partageons, partageons, mais quoi?
"Je veux juste que tu respectes nos croyances."
Non, on ne les respecte absolument pas car elles sont pernicieuses et franchement satanique. Je suis désolé mais j'en suis convaincu et ma conscience devant Dieu m'atteste que ces dogmes viennent de l'ennemi., et certes pas de Dieu. La Bible n'est pas une carte de restaurant, mais un tout. On ne prend pas une chose à gauche et une autre à droite pour en faire une vérité sans tenir compte du contexte et de tout ce qui..."
..."amis et frères évangéliques"
Amis, sans doute, mais "frères"...?
Sérieusement, soyez honnête, comment pouvez-vous en arriver à dire que nous soyons frères en Christ si vous
considérez encore en 2005 un homme comme CHEF SUPRÊME de votre église????
Sans parler des titres abominables de TRES SAINT PERE...
On a pas le même Père... Désolé. Le mien ne s'appelle pas Rätzinger, mais le Dieu Tout-Puissant qui a créé le ciel
et la terre...
Le jour où vous admettrez que ce dogme est une grossière hérésie, et bien, là je serai heureux de vous appeler moî-
même FRERE...
Mais pas avant. Question de logique et aussi d'honnêteté..."
10:45 Publié dans RELIGION ou MOUVEMENT SECTAIRE ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
LES OBJECTIFS POLITIQUES DES EVANGELIQUES
Extrait :
Enfin, l’effort de conversion des musulmans constitue l’aspect le plus spectaculaire de l’activité des évangéliques. La stratégie états-unienne d’évangélisation ciblant les peuples musulmans s’appuie sur des acteurs organisés en réseau, mais aussi sur l’élaboration d’un message évangélique adapté au message coranique. Cette évangélisation vise en particulier certaines communautés musulmanes dont les origines ethniques pourraient êre utilisées pour des projets sécessionnistes et anti-arabes : c’est le cas avec les minorités kurdes d’Irak et de Syrie, mais aussi avec les Kabyles et les Berbères au Maghreb.
Le texte qui motive cet effort de conversion :
Extrait :
La mission
Dans l'Apocalyspe de Saint-Jean, le dernier livre de la Bible chrétienne, il y a un lieu en Palestine qui s'appelle l'Armageddon, connu comme l'endroit où se déroulera la bataille finale entre les armées du Christ et celles de Satan.
Pour des milliers d'Américains, l'Apocalypse annoncée par l'Évangile de Saint-Jean est imminente et les indices qui le prouvent sont les désordres qu'il y a dans le monde actuellement : désordres climatiques, effet de serre, sécheresse, inondations, tremblements de terre, terrorisme, ...
Ce ne sont pas des accidents isolés mais des signes qui annoncent la grande confrontation. Dans cette confrontation, on oppose les forces du Bien, États-Unis et Israël, aux forces de l'Antéchrist. Le premier signe de la venue de l'Armageddon a été la création de l'État d'Israël en 1948.
C'est après cette bataille que le Christ va revenir sur terre, pour une période de 1000 ans, en Israël. Pour que le Messie vienne cependant, tous les Juifs du monde doivent être installés en Terre sainte. Ainsi, quand le Messie viendra, ils pourront se racheter de ne pas l'avoir reconnu. À ce moment, les Juifs ont intérêt à se convertir au christianisme car s'ils refusent, ils seront massacrés durant l'affrontement final.
Le problème c'est que s'il y a un État palestinien, la Terre sainte où doit venir le Messie sera amputée et il ne viendra pas.
Ce discours peut paraître quelque peu délirant, mais il est développé par des prédicateurs qui ont des millions d'auditeurs. Les « messes » de ces croyants se caractérisent par des prières avec des orchestres, y compris de rock et de rap, des pleurs, des transes, des exorcismes publics, des guérisons miraculeuses. Ils attribuent à la lecture de la Bible des vertus de guérison et conseillent aux gens qui sont obèses de lire la Bible pour maigrir!
Pour eux, la devise nationale God bless America doit être prise au sens littéral. L'Amérique est chargée par Dieu d'une destinée manifeste. C'est elle qui doit montrer le chemin à suivre au reste du monde.
Dans l'Express du 28 mars 2005
..."
Dans ce tableau foisonnant, les évangéliques et les islamistes occupent le premier plan. Par l'ampleur de leur action - qui transcende les Etats - et leur puissance de feu prosélyte, ils incarnent, plus que tous les autres mouvements religieux, le retour de Dieu dans la politique. La foi qu'ils revendiquent, fondée sur l'adhésion individuelle, la ferveur et la relation directe avec Dieu, flatte la sensibilité contemporaine. Bien sûr, tous les évangéliques - 400 millions environ - ne sont pas des fondamentalistes arc-boutés sur une lecture littérale de la Bible. Tous les musulmans - près de1,2 milliard - ne sont pas non plus des islamistes qui rêvent de faire sauter la Maison-Blanche, le Coran à la main. Il faut aussi le souligner d'emblée: l'islamisme se différencie foncièrement du néoprotestantisme par son recours à la violence terroriste et ses prétentions théocratiques. Les évangéliques, même les plus extrémistes, demeurent très attachés à la paix ainsi qu'à la démocratie participative. De même, il existe une différence doctrinale essentielle entre les fondamentalistes chrétiens, qui veulent transformer l'homme pour agir sur le monde, et les intégristes musulmans, qui cherchent à fonder un Etat islamique pour prouver la toute-puissance de Dieu. D'ailleurs, ces deux mouvements s'affrontent, l'un jouant le Satan de l'autre. Pourtant, ils ont aussi des points communs: tous deux partagent la même volonté de peser sur la chose publique lorsqu'ils en ont les moyens numériques. Et la même ambition de concurrencer les Etats sur le terrain social. Dans un monde qu'ils jugent corrompu par le matérialisme athée, ces courants religieux ont lancé leur croisade morale contre le péché et pour le salut des âmes. Avec une efficacité redoutable
VIDEO :
160 000 éthiopiens censés recevoir le saint esprit simultanément.
http://www.youtube.com/watch?v=sfqXyErkEXo&mode=relat...
En 1992, une guerre civile a ravagé l’Algérie. Connaissant le réflexe pavlovien des médias occidentaux face à l’islam, le pouvoir algérien a alors, pour expliquer les raisons de cette guerre, agité l’épouvantail de l’islamisme ; ainsi, il a pu recevoir l’assentiment de l’Occident à sa politique de répression. Les médias français qui ont mordu à l’hameçon ont imputé les tueries quotidiennes au seul fait des islamistes ; par contre, le régime corrompu et totalitaire, l’injustice sociale (la hogra), l’abus de pouvoir, le chômage, la répression et la frustration étaient vaguement mentionnés voire occultés [1].
Plusieurs années sont passées, des milliers de morts et de disparus, des blessures profondes et un peuple marqué à vie. Aujourd’hui l’Algérie, la Nedjma de Kateb Yacine, est une Algérie fragile, épuisée et en pleine convalescence.
L’opium et le bâton
Profitant de cette vulnérabilité, des prédicateurs évangélistes ciblant les peuples musulmans jettent leur dévolu sur l’Algérie.
Il ne s’agit pas ici de remettre en question le principe de la liberté de conscience et le choix de religion , qui est un des principes fondamentaux des droits de l’homme, mais de dénoncer des méthodes agressives et haineuses vis à vis d’une religion dont les portées sont stratégiques, économiques et politiques.
Cette stratégie d’évangélisation est conçue en dehors du clergé catholique et sans aucun lien avec ce dernier. Ces dernières années, l’église catholique s’est engagée loin de tout prosélytisme dans une démarche de rencontre fraternelle et respectueuse envers les musulmans. Elle appelle au dialogue interreligieux et considère les échanges comme un enrichissement de la connaissance et un approfondissement de sa propre foi.
L’évangélisation de l’Algérie fait partie d’une stratégie mondiale d’obédience néo-protestante américaine. Elle entre dans le cadre d’une croisade menée par les fondamentalistes évangélistes, les néoconservateurs et certains sionistes contre l’islam [2].
En Algérie, les évangélistes investissent le terrain de l’humanitaire et choisissent leurs cibles parmi les personnes les plus démunies ; des personnes se convertissant aux christianisme contre une somme d’argent (2000 DA l’équivalent de 20 euros), des promesses de soins médicaux ou de visas pour l’étranger : les chancelleries européennes accordent plus facilement des visas d’entrée à l’espace Schengen à tout demandeur algérien qui se proclame comme chrétien « persécuté », alors que ce précieux sésame est du domaine de l’utopie pour le citoyen lambda. Plus de 74% des personnes allant à la messe le font essentiellement pour profiter des aides financières des missionnaires [3].
L’une des actions récentes de l’église protestante à Constantine a visé des lycéens ; elle leur a proposé un soutien scolaire gratuit. En plus des cours proposés, les élèves ont reçu des CD, des livres et d’autres documents de propagande évangéliste [4] ; ce même scénario rôdé s’est répété cet été à Tiaret et dans d’autres villes. Le Quotidien d’Oran a évoqué cette affaire, dans la rubrique faits divers, avec une telle prudence et appréhension au point où les lecteurs n’ont rien compris au langage alambiqué du pigiste et à la signification de son article.
Les VRP du christianisme utilisent tous les moyens de communication pour transmettre leur message : radios, télévisions par satellite, livres, cassettes vidéo et audio, des traduction de la bible, ... [5].
Les méthodes d’évangélisation se sont modernisées sous la houlette des grandes boîtes de communication américaines et les échecs du passé ont été savamment analysés et exploités.
Les missionnaires utilisent une rhétorique avec un langage emprunté à la culture musulmane dans le but de tromper l’adversaire sur leur nature. Leur démarche est insidieuse et évite l’attaque frontale avec l’islam ; ils avancent cachés pour pratiquer la stratégie du caméléon afin de mieux phagocyter leurs victimes [6].
Cette christianisation n’est animée d’aucun sentiment religieux sincère. Son but est de créer des foyers de discorde au sein d’un même peuple afin de déstabiliser et d’affaiblir le pays pour le dominer facilement.
Le pouvoir américain suit avec attention l’évolution de ce phénomène, l’encourage, le finance et le protège.
Dernièrement le Congrès américain a donné son satisfecit à l’autisme adopté par le pouvoir algérien dans le dossier de l’évangélisation.
En effet, les autorités algérienne restent muettes face à ce phénomène. Cette réaction est révélatrice et montre bien la peur que ces derniers éprouvent face à d’éventuelles représailles de l’administration américaine.
La crainte de subir le même sort que Saddam Hussein ou de rejoindre l’« axe du mal » pousse tous les pouvoirs arabes à fermer les yeux sur cette guerre idéologique.
Diviser pour mieux régner
En Algérie, les missionnaires jouent la carte du régionalisme, un vieil héritage du colonialisme français. Ils concentrent leurs efforts sur les Kabyles et les touaregs (berbères du sud) tout en étant actifs dans le reste du pays.
Le kabyle, l’homme libre et rebelle de la montagne, a toujours refusé la soumission. Aujourd’hui, il s’oppose au régime répressif et réclame haut et fort une justice sociale et une vie meilleure dans le respect mutuel.
Malheureusement, les ennemis des peuples, les prédateurs, amateurs des eaux troubles, trouvèrent leur terrain de prédilection en l’Algérie.
La Kabylie est devenue une carte maîtresse entre les mains de ces rapaces qui veulent transformer cette région en une épée de Damoclès et l’utiliser comme moyen de chantage pour amener l’Algérie à plus de docilité et de servilité.
L’Amérique d’aujourd’hui, avec ses composantes fondamentalistes-chrétiennes et ultra-sionistes, est arrogante et haineuse ; elle cherche des terrains propices pour asseoir sa domination ; la religion pour ces VRP de la terreur n’est qu’un moyen comme un autre pour asservir les peuples, les exploiter et les piller.
La journaliste franco-américaine Barbara Victor dissèque l'évolution du sentiment religieux aux Etats-Unis et son rôle dans la vie politique de ce pays :
mène_68 : Pourquoi les Américains apparaissent-ils comme beaucoup plus religieux que les autres Occidentaux ?
Barbara Victor : Parce que l'Amérique est un pays nouveau, fondé sur une séparation entre l'Eglise et l'Etat. Mais la Constitution a été basée sur les 10 Commandements. Depuis le début, l'Amérique est un pays de contradictions. De plus, les Américains sont un peuple de contradictions. Nous sommes soi-disant le pays le plus démocratique, et en même temps, avec une histoire extrêmement raciste. Nous sommes aussi un pays qui exporte le plus de pornographie dans le monde, mais un pays puritain.
LE POIDS DES ÉVANGELISTES
IgAg : Quel est le pourcentage des votants et celui des "likely voters" estimé, pour cette présidentielle, qui se disent chrétiens "fondamentalistes" ou évangélistes ?
Barbara Victor : Il y a 80 millions d'évangélistes en Amérique, qui sont à 42 % du Parti républicain. Parmi les 80 millions d'évangélistes, il y en a au moins 65 millions qui votent.
Bush_&_Kerry's_show : Kerry est-il aussi religieux que Bush ?
Barbara Victor : La façade de Kerry n'est certainement pas aussi religieuse que celle de Bush, Kerry ne montre pas la même religiosité. Il est donc difficile de dire s'il est très religieux. En revanche, peut-on croire M. Bush et sa foi ? Ou peut-on penser que la foi de M. Bush est une manœuvre politique ?
Prinska : Aux Etats-Unis, fait-on la différence entre une secte et une religion ? Les groupement religieux n'ont-ils pas tendance à se comporter comme des groupements sectaires ?
Barbara Victor : Bonne question. Les sectes en Amérique sont plutôt les groupes qui ont formé ou nommé une religion par leur leader. Les évangélistes sont tous des chrétiens ou des juifs ou des catholiques ou des bouddhistes, hindous... qui prétendent avoir eu une expérience personnelle avec Jésus-Christ. Pour répondre à votre question, les évangélistes, comme les islamistes extrêmes, sont des gens qui prennent le mot "Dieu" littéralement. On ne peut pas dire qu`ils sont des sectes, on peut dire qu'ils sont des fous
Le monde :
Barbara Victor : Oui, ils progressent partout. Il y a aussi en Europe un groupe, "Jews for Jesus", qui progresse. Dieu n'a jamais été aussi populaire, sauf peut-être à l'époque des Croisades.
.Les évangéliques croient en l'Armageddon, la prochaine bataille finale entre le Bien et le Mal (Gog et Magog). Cet ensemble de sectes issues du pentecôtisme et du mouvement charismatique est à la fois protestant, expansionniste, millénariste et apocalyptique. Avec George W. Bush et plusieurs de ses ministres et conseillers qui partagent leurs croyances, les évangéliques ont le vent en poupe. Leur objectif, après l'Amérique, conquérir le monde ! Ils représentent déjà un quart des chrétiens. Ces "Born Again Christians" (qui sont entrés en contact direct avec Jésus) ont une vision biblique du monde où l'Amérique a un rôle messianique à jouer. "Il n'y aura jamais de paix mondiale avant que la maison de Dieu et le peuple de Dieu n'assume leur rôle de leadership à la tête du monde." (Révérend Pat Robertson).
Né aux Etats-Unis, le mouvement s'enracine partout dans le monde, en Amérique latine, au Japon, en Afrique, en Europe et s'apprête même "à investir avec force l'univers islamique, ultime zone de mission".......
..........Le Maghreb est leur prochaine cible. "Liquider l'islam" serait l'objectif de 3000 Baptistes du Sud qui se préparent à partir évangéliser les musulmans chez
eux..............
Pour les évangéliques, tous les juifs doivent retourner dans un Grand Israël… et se convertir. "Ils n'aiment pas les juifs. La doctrine évangélique du salut est une pièce en cinq actes où les juifs disparaissent au cinquième" (Gershom Gorenberg, écrivain israelo-américain).
(diffusé par MIVILUDES Mission Ministérielle de Vigilance et de lutte Contres les Dérives Sectaires)
Construction du choc des civilisations
Les Églises évangéliques et le jeu des États-Unis dans le monde arabe
par Charles Saint-Prot* http://www.voltairenet.org/article130687.html
Depuis quelques années, l’extrémisme religieux, c’est-à-dire l’instrumentalisation de la religion à des fins politiques, est devenu l’un des éléments essentiels de la géopolitique au Proche-Orient. Alors que certains milieux et médias ne cessent d’accuser l’islam de tous les maux, les commentateurs restent discrets sur la responsabilité des Églises protestantes qui contribuent à radicaliser le conflit.
On sait l’importance prise par l’Église évangélique dite « revivaliste » aux États-Unis où elle influence considérablement la politique de l’administration Bush. Il est également connu que les membres de cette Église sont les plus fervents soutiens d’Israël et refusent toute concession territoriale aux Palestiniens. Les évangéliques, qui s’inscrivent dans la mouvement des Chrétiens sionistes –un groupe fondamentaliste protestant, né à la fin du XIXe siècle, prétendant que l’institution d’un État israélien est l’accomplissement de la prophétie biblique [1]-, ne font pas que soutenir Israël moralement, leur argent sert à aider des juifs de Russie ou d’Ukraine à immigrer en Israël. Selon le rabbin Yechiel Eckstein qui dirige une des principales agences de collecte de fonds pour Israël auprès des évangéliques états-uniens, son association a recueilli, en l’espace de sept ans, plus de 100 millions de dollars états-uniens [2]. En octobre 2003, une réunion a eu lieu à l’hôtel du roi David de Jérusalem entre extrémistes sionistes et évangéliques, en présence de Richard Perle –alors président du Conseil pour la politique de défense du Pentagone et conseiller influent de George Bush II- et de ministres du gouvernement Sharon pour célébrer « l’avènement de la Jérusalem Céleste qui suivra l’anéantissement de l’islam » [3]. Il est également connu que le courant évangélique, qui regrouperait plus de 70 millions de citoyens des États-Unis et s’appuierait sur plusieurs centaines de milliers de « pasteurs-propagandistes » appointés, s’exporte largement de l’Amérique latine (Evangelical Union of South America, notamment au Brésil où l’Église aurait plus de 30 millions d’adeptes [4]), au Japon, en Afrique (par exemple, le rôle des évangéliques, proches du président Gbagbo, dans les événements en Côte d’Ivoire), en Europe et même en Inde (Indian Missions Association -IMA) ou en Chine... Ce qui est moins connu, c’est le rôle des évangéliques dans la politique états-unienne dans le monde arabe. Il est notoire que la Maison-Blanche, le Congrès et la CIA suivent et gèrent avec un grand intérêt l’expansion des Églises évangéliques. La haine professée par elles contre l’islam, mais aussi leur mépris à l’égard des Arabes chrétiens, en font un instrument privilégié de la politique états-unienne visant à briser le monde arabe pour mieux organiser un « grand Moyen-Orient » tout entier soumis à l’influence de Washington et de ses alliés israéliens.
Dans le monde arabe, l’action des Églises évangéliques se présente sous un triple aspect :
La propagande anti-musulmane qui dispose de moyens considérables et vise à accuser les musulmans de tous les maux de la terre. C’est ainsi que les évangéliques sont les premiers à organiser, en liaison avec les néoconservateurs états-uniens dont on connaît les engagements pro-israéliens, des campagnes visant à assimiler l’islam au terrorisme, donc à « l’Axe du Mal ». L’un de leurs objectifs favoris est l’Arabie saoudite contre laquelle ils poursuivent une propagande inlassable tout en encourageant certaines confréries de façon à semer la division religieuse au sein du royaume.
L’instrumentalisation des communautés chrétiennes arabes est en action au Liban, en Palestine, en Syrie, en Irak.
Au Liban, chaque été des missionnaires évangéliques parcourent le pays, selon un itinéraire préparé en liaison avec l’ambassade des États-Unis. Des groupes de jeunes organisent des concerts, des festivals, des rencontres sur les plages avant d’en venir à des réunions plus précises visant à convaincre les jeunes chrétiens, notamment les maronites, d’adhérer à l’Église évangélique en leur faisant miroiter la prise en charge de leurs études, des visas pour les États-Unis et toutes sortes d’autres avantages. Ces activités s’accompagnent d’un fort prosélytisme anti-musulman qui n’est pas pour rien dans la montée en puissance du confessionnalisme que l’on peut déplorer au pays du Cèdre [5]. Les évangéliques déploient les mêmes méthodes en Syrie, mais d’une manière beaucoup plus discrète en raison de la vigilance des pouvoirs publics. En Irak les missionnaires des sectes évangéliques sont arrivés dans les fourgons de l’armée états-unienne et ont désormais pignon sur rue. À coup de dollars, ils s’emploient à rallier les chrétiens d’Irak et à les détourner de leur christianisme traditionnel, oriental et arabe, pour les conduire à créer des communautés séparées. Les arguments sont toujours les mêmes, il s’agit d’inviter les chrétiens arabes à quitter leur religion traditionnelle en échange d’un emploi, d’allocations pour leurs enfants, d’une promesse de visa. Outre le Vatican, les Églises traditionnelles irakiennes ne cessent de dénoncer le danger des évangéliques états-uniens dont certains ont déjà été exécutés par la Résistance. Selon le curé du village chrétien de Ain-kawa, près de Mossoul, « Lors de cérémonies religieuses, nous expliquons aux fidèles que ces missionnaires sont en réalité des agents américains qui cherchent à soudoyer les Irakiens avec leur argent. Des étrangers qui veulent anéantir notre histoire et créer des conflits confessionnels en Irak. Nous répétons aux fidèles qu’il faut interdire à ces gens l’accès à leurs résidences et aux lieux de rassemblement de leurs enfants ». Les Irakiens chrétiens affirment que ces évangéliques « ne risquent pas seulement de causer la dispersion des fidèles, mais de créer un climat de conflit confessionnel qui n’existait pas auparavant en Irak. Ces étrangers visent à perturber nos bonnes relations avec les musulmans et un climat d’entente millénaire » [6]. C’est exactement le même processus que l’on constate en Palestine occupée où des efforts considérables sont déployés par les évangéliques pour rallier des fidèles et les inciter ensuite à quitter le pays.
Enfin, l’effort de conversion des musulmans constitue l’aspect le plus spectaculaire de l’activité des évangéliques. La stratégie états-unienne d’évangélisation ciblant les peuples musulmans s’appuie sur des acteurs organisés en réseau, mais aussi sur l’élaboration d’un message évangélique adapté au message coranique. Cette évangélisation vise en particulier certaines communautés musulmanes dont les origines ethniques pourraient être utilisées pour des projets sécessionnistes et anti-arabes : c’est le cas avec les minorités kurdes d’Irak et de Syrie, mais aussi avec les Kabyles et les Berbères au Maghreb.
Selon le quotidien algérien Al Watan [7], l’évangélisation en Kabylie est « le résultat d’un prosélytisme organisé et financé par une stratégie d’évangélisation des peuples musulmans. En Algérie, les évangéliques investissent le terrain de l’humanitaire et choisissent leurs cibles parmi les personnes les plus démunies ; des personnes se convertissant au christianisme contre une somme d’argent (2 000 dinars, l’équivalent de 20 euros), des promesses de soins médicaux ou de visas pour l’étranger : les chancelleries européennes accordent plus facilement des visas d’entrée à l’espace Schengen à tout demandeur algérien qui se proclame comme chrétien « persécuté ». Plus de 74 % des personnes allant à la messe le font essentiellement pour profiter des aides financières des missionnaires » [8]. L’une des actions récentes de l’Église protestante à Constantine a visé des lycéens, « elle leur a proposé un soutien scolaire gratuit. En plus des cours proposés, les élèves ont reçu des CD, des livres et d’autres documents de propagande évangélique ; ce même scénario rôdé s’est répété à Tiaret et dans d’autres villes » [9]. Selon nos informations, les « diplomates » de l’ambassade des États-Unis en Algérie multiplient les visites dans les territoires kabyles et favorisent le prosélytisme évangélique.
Au Maroc, une multitude d’organisations évangéliques, surtout états-uniennes, opère plus ou moins secrètement dans les régions déshéritées ainsi que dans les grandes villes. Une organisation comme Arab World Ministries, société missionnaire évangélique internationale, a pour objet officiel « l’annonce de la Bonne Nouvelle d’un Sauveur aux musulmans du monde arabe ». Les agents clandestins de cette Église dont le nombre a plus que triplé depuis 2002, seraient plus de 800. Ils se présentent sous diverses couvertures : médecins, infirmiers, militants humanitaires, enseignants, ingénieurs ou encore entrepreneurs [10]. En janvier 2005, à l’occasion de la visite au Maroc du télé-évangéliste Josh McDowell, représentant le mouvement Crusade for Christ International (7 000 volontaires dans le monde), Le Journal-hebdo écrivait « Le Maroc assailli par les néo-protestants US » [11].
L’action des évangéliques états-uniens est relayée par de nombreuses radios et télévisions bénéficiant du soutien des États-Unis, notamment du Congrès et de la CIA : Radio El Mahabba émettant en continu sur le canal audio du satellite Eutelsat Hotbird 3, la chaîne CNA-Channel North Africa, Arabvision, Life-TV, Miracle Channel etc, sans compter la chaîne de propagande états-unienne en arabe Al Hurra. La propagande évangélique est également insérée dans des projets de programmes de développement d’Internet, tel le programme de développement de l’usage d’Internet (GIPI, Global Internet Policy Initiative) engagé par le Département d’État états-unien, dans le cadre de l’Initiative de Partenariat du Moyen-Orient (MEPI), qui touche déjà l’Algérie, la Tunisie, le Maroc, l’Égypte, la Syrie, le Liban, la Jordanie, l’Irak, l’Arabie saoudite, Bahreïn, le Koweït, Oman, le Qatar, les Émirats arabes unis, le Yémen et la Palestine.
Bien entendu, cette action de prétendue évangélisation encouragée, financée et protégée par le gouvernement de Washington, n’est animée d’aucun sentiment religieux sincère. Son but est de créer des foyers de discorde au sein des pays arabes afin de les déstabiliser et de les affaiblir. Elle a pour effet d’attiser artificiellement le choc des civilisations et s’inscrit dans le projet développé depuis le 11 septembre de diaboliser l’islam. Elle s’inscrit tout simplement dans le cadre de la politique des États Unis visant à remodeler le « Grand Moyen-Orient » et à y étendre l’hégémonie états-unienne.
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[1] Donald Wagner in Daily Star (Beyrouth), 8 octobre 2003.
[2] Sources Radio-Canada, émission « Zone libre » du 23 janvier 2004 : « Les chrétiens sionistes
EN COTE D'IVOIRE
torante à l’Institut français de géopolitique.
Résumé : En Côte-d’Ivoire, « les forces du bien contre les forces du mal »
Après son élection à la présidence en octobre 2000, Laurent Gbagbo, pour confor-ter sa fragile légitimité, décide de s’appuyer sur les Ivoiriens chrétiens, majoritaires dans le Sud. Aussi utilise-t-il le concept d’ivoi-rité non plus seulement pour opposer les Ivoiriens aux étrangers mais pour opposer les Ivoiriens musulmans du Nord aux Ivoiriens chrétiens du Sud. L’ivoirité sous Gbagbo perd ainsi son caractère ethnique pour se transformer en concept régionaliste et religieux. D’où l’importance accordée à la religion et à sa pratique autour du prési-dent et de sa femme, tout deux très impliqués dans le mouvement évangélique. Le conflit est alors présenté comme étant le combat des forces du bien, incarnées par le régime en place, contre les forces du mal, que sont les rebelles.
Dans cette repré-sentation, les rebelles sont les musulmans du Nord, partisans d’Alassane Ouattara, lui-même poulain de la France. La guerre est donc assimilée à un combat spirituel, l’impérialisme français n’étant qu’une figure du mal radical dont les rebelles sont l’incarnation. Élisabeth DORIER-APPRILL et Robert ZIAVOULA, La diffusion de la culture évan-gélique en Afrique centrale
«En Côte-d’Ivoire, « les forces du bien contre les forces du mal »» par Sandrine Raynal
http://www.herodote.org/article_imprimer.php3?id_article=...
10:40 Publié dans RELIGION ou MOUVEMENT SECTAIRE ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note








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